Entre Evgeny et Anastasia, le premier rapport est filial. Celui d’un père et d’une fille, avec toute l’expressivité sentimentale qui en découle. Mais dans le cas des Masloboev, cette relation se complète d’un projet artistique aux captations étranges, au croisement d’intonations musicales intrigantes. Originaire de Sibérie, Evgeny et Anastasia puisent dans le répertoire folklorique local une base de travail qui s’étoffe d’une nébuleuse de sonorités lumineuses et mélancoliques. Un peu comme chez Dead Can Dance, la progression dans cet univers se fait dans un subtil jeu d’équilibre entre les chants éthérés, presque religieux, de la fille, et les arrangements foisonnants du père, entre truculence ethnojazz, instrumentations folk et bruits concrets. Une âme slave qui s’éveille aux accents avantgardistes.